Partager :
Page d'accueil

Parachutages à Neuvy-Bouin "Villeneuve"

De mars à juin 1943, 4 parachutages sont organisés et réceptionnés avec succès sur le terrain de Neuvy-Bouin par les équipes de résistants de l'Organisation Civile et Militaire (OCM). Dissimulés dans plusieurs caches, les armes et le matériel sont plusieurs fois déplacés par mesure de sécurité. Mais les vagues d'arrestations de l'été et de l'automne 1943 ravagent les rangs de l'OCM en Deux-Sèvres sans épargner les équipes de Neuvy-Bouin.

Des parachutes comme s'il en pleuvait

En février 1943, le groupe de résistance de la Chapelle-Saint-Laurent et de Moncoutant recherche pour le compte de l'OCM, un terrain de parachutage.

Jean Turpault propose le terrain de Villeneuve à Neuvy-Bouin, constitué de plusieurs hectares de pré près de sa ferme. Son fermier, Calixte Vendé, est prévenu et accepte le risque de cette entreprise.

Entre le 12 mars et le 14 juin 1943, quatre parachutages sont réceptionnés pour environ 6 tonnes d'armement et d'équipements.

1er parachutage

Date : Nuit du 12 au 13 mars 1943

Organisation : Organisation Civile et Militaire (OCM)

Message de la BBC : « Tout ce qui approche de l'amour éloigne de la mort »

Participants : Didier Delahaye, Roger Hélier, Jean Turpault, Frédéric Faucon, Raymond Faucon, Calixte Vendé, Constant Votion, René Brossard

Déroulement

Le message émis par la BBC : « Tout ce qui approche de l'amour éloigne de la mort » déclenche les deux premiers parachutages.

Le message mal entendu à 18h30 en raison du brouillage intense est capté clairement à 21h15. L'équipe de réception comprend 8 personnes.

Dix minutes après la réception du message, l'équipe quitte la Chapelle-Saint-Laurent à vélo, chacun conservant une distance de 50 à 100 mètres pour ne pas éveiller l'attention. Le lieu de rendez-vous est le "Pas de la Vierge", d'où l'équipe se dirige tous feux éteints jusqu'à "Villeuneuve".

Le balisage est mis en place : feux rouge pour la position, feux blanc pour les signaux. Après 2h d'attente l'avion arrive. Les feux sont allumés : le feu blanc, en clignotant, envoie en morse le signal convenu. L'avion accuse réception en allumant des feux très discrets sous ses ailes. Six containers, cylindres de 2 mètres sur 0,50 sont largués. Le char à boeufs de Calixte Vendé est mené dans le champ et les containers sont rassemblés.

Le lendemain, le précieux chargement voyage sous plusieurs mètres cubes de fumier vers le domicile de Jean Turpault, où après un inventaire détaillé, on attend la nuit suivante pour transporter le tout dans le caveau de la famille Turpault, situé au cimetière de la Chapelle-Saint-Laurent. Constant Votion et Marcel Blaiseau se chargent de cette mission.

2nd parachutage

Date : Nuit du 12 au 13 ou du 13 au 14 avril 1943

Organisation : Organisation Civile et Militaire (OCM)

Message de la BBC : « Tout ce qui approche de l'amour éloigne de la mort »

Participants : René Brossard, Frédéric Faucon, Raymond Faucon, Marcel Labé, Yves Legoupil, Jean Turpault, Calixte Vendé, Constant Votion

Déroulement

Le 13 avril 1943, avec le même message que le 12 mars, a lieu le deuxième parachutage. L'équipe de réception comprend toujours huit personnes mais les participants ont changé.

Une tonne d'armes et de munitions récupérée est transportée par Marcel Labé et cachée dans les douves du château de Bressuire.

3e parachutage

Date : Nuit du 13 au 14 mai 1943

Organisation : Organisation Civile et Militaire (OCM)

Message de la BBC : « Ne désespérez pas d'une amante en furie »

Participants : Jean Daguisé, Henri Gourdon, Didier Delahaye, Roger Hélier, Jean Turpault, Frédéric Faucon, Maurice Clisson, Calixte Vendé, Fernand Gilbert, René Brossard

Déroulement

C'est Calixte Vendé qui se charge de transporter les containers cachés sous plusieurs mètres cubes de fumier, jusqu'au domicile de Jean Turpault. Le lendemain, Maurice Clisson vient prendre en charge la cargaison avec son camion pour la porter à la Berderie de La Ronde, où l'attendent Jean Daguisé et Henri Gourdon pour camoufler l'ensemble avec l'aide du fermier Florent Boisumault sous un énorme tas de fagots dans le coin d'un pré, à proximité des maisons. On indique à F. Boisumault qu'il s'agit de fûts d'essence que l'on veut cacher.

4e parachutage

Date : Nuit du 13 au 14 ou du 14 au 15 juin 1943

Organisation : Organisation Civile et Militaire (OCM)

Message de la BBC : « Au sang de ses sujets un roi doit la justice »

Participants : A. Votion, Marcel Blaizeau, Didier Delahaye, Roger Hélier, Jean Turpault, Frédéric Faucon, Raymond Faucon, Yves Legoupil, Constant Votion, René Brossard

Déroulement

Ce parachutage comporte 13 containers apportant 2,5 tonnes d'armes et de munitions, 2 postes émetteurs, et 3 postes récepteurs. Le tout est transporté par Frédéric Faucon avec son propre camion et stocké dans son atelier près de la gare de la Chapelle-Saint-Laurent.

Lors du parachutage, 2 parachutes, pris l'un dans l'autre, descendent en torche. L'un des containers prend feu, mais Jean Turpault, sans se soucier du risque d'explosion, étouffe le feu sous sa veste, et maîtrise l'incendie avec l'aide de René Brossard.

Agence de création de sites Internet pour les professionnels et les collectivités située à Nantes