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La libération des camps nazis

Les armées de Libération progressant sur les territoires du Reich, les autorités nazies ordonnent l'évacuation des camps nazis vers d'autres plus éloignés du front. Les déportés, par centaines de milliers sont jetés sur les routes, dans des conditions de dénuement extrême, en exil forcé vers des camps déjà surpeuplés, désorganisés et ravagés par les épidémies. Ce sont les marches de la mort. Libérés, les survivants sont pris en charge et soignés en attendant leur rapatriement vers la France.

Avant la libération : l'évacuation des camps et les marches de la mort

Devant l'avancée des troupes Alliées les consignes sont données aux commandants des camps nazis susceptibles d'être découverts de détruire les traces et preuves de l'existence des camps et d'évacuer les prisonniers de sorte à ce qu'aucun ne tombe vivant entre les mains des Alliés. Certaines infrastructures des camps sont alors détruites pour effacer les traces et les prisonniers déplacés par centaines de milliers d'un camp vers l'autre, plus loin du front, durant des marches de plusieurs semaines qui causent la mort de milliers de déportés.

Gérard Pichot : l'évacuation de Dora

Gérard Pichot, déporté pour faits de résistance en janvier 1944 à Buchenwald puis à Dora- Mittelbau.


Ida Grinspan raconte l'évacuation d'Auschwitz et la marche

Ida Grinspan est évacuée avec les autres détenues vers le camp de Neustadt. Elle raconte la longue marche qui les conduit au camp de Neustadt et les souffrances qui l'accompagnent.

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Andrée Gros-Duruisseau : la marche

Andrée Gros-Duruisseau est déportée à Ravensbrück pour faits de résistance et travaille dans le kommando de Buchenwald de Schönefeld (Leipzig-Hasag) d'où elle est évacuée le 13 avril 1945.

Témoignage recueilli lors de la conférence organisée par le Centre Régional "Résistance & Liberté" le 26 janvier 2009

« Dans la nuit du 13 au 14 avril 1945, on nous a mises sur les routes. Nous étions plusieurs milliers de femmes en sabots et nous avons marché vers l'est. Nous entendions les canons. On disait : « Les Américains arrivent ! ». Oui mais à l'ouest. Mais nous, nous partions toujours vers l'est. On marchait pendant des jours. Au début, on entendait quelques coups de feu. On ne savait pas. On voyait des hommes dans le fossé, qui ne pouvaient pas aller plus loin. On entendait des coups de feu de plus en plus fréquents. On a su après que ces gens avaient été achevés. Cela a été très très pénible. Alors nous nous sommes dispersées dans les champs. Nous étions dans une ferme. Je suis rentrée le 1er juin. Nous avons été libérées par des Cosaques*. »

*Cavaliers de l'armée russe.

Jacqueline Fleury

Jacqueline Fleury est déportée pour faits de résistance en août 1944 à Ravensbrück. Elle raconte l'évacuation à partir du 13 avril 1945.

Lire le témoignage de J.Fleury concernant l'évacuation du camp à l'approche des armées de libération Alliées.

La découverte des camps et leur libération par les troupes Alliées

Avec l'invasion de la Pologne par les Soviétiques, l'évacuation des camps paralyse les transports et contribue à détraquer le système concentrationnaire en gonflant les effectifs des camps et kommandos à l'Ouest où les conditions sanitaires se dégradent. C'est l'accélération d'une mortalité déjà galopante. À partir d'avril 1945, les camps commencent à être libérés par les Alliés. Les détenus sont pris en charge, soignés et rapatriés.

Ida Grinspan : Libération du camp de Neustadt par les Alliés

­­Ida Grinspan, juillet 1945 © archives privées Michel Chaumet

Le camp de Neustadt est abandonné par les allemands le 13 avril 1945. Les déportés sont laissés à leur triste sort par leurs gardiens qui prennent la fuite. Découvert par des troupes américaines, le camp est libéré par les Russes. Ida est placée dans un hôpital allemand quelques temps avant d'être évacuée vers la France.

­Audio

Pendant sa convalescence, Ida écrit à son institutrice à Melle. Elle décrit sa hâte de retrouver les personnes qu'elle a connu et de reprendre le cours de sa vie. (document pdf)

Transcription de la lettre d'Ida Grinspan à son institutrice le 3 juin 1945

Albert Rowek

Jeune juif, Albert Rowek est déporté depuis Drancy vers le camp d'Auschwitz en juillet 1944. Il échappe à la sélection et est intégré au camp. Il raconte l'évacuation du camp le 18 janvier 1945 et son expérience des marches de la mort vers le camp de Gross-Rosen puis de Buchenwald avant la libération de ce dernier camp au début du mois d'avril 1945.

Découvrir son témoignage vidéo sur le site du Souvenir français de Loudun (vidéo "Auschwitz " à partir de 19min40 puis vidéo "Libération")

René Chaigneau

Libres, les détenus se promettent de faire tout ce qu'ils pourront pour éviter que des évènements de cette gravité se reproduisent. Leurs attentes pour l'avenir et face à la liberté retrouvée s'expriment dans leurs lettres.

Extrait d'une lettre de René Chaigneau libéré de Dachau le 30 avril 1945 :

© Archives privées Viviane Favreau

« Aujourd'hui pour nous c'est le triomphe, l'intelligence, la lumière balayant l'obscurantisme et la nuit où ce régime aurait plongé le monde pour des siècles. J'espère qu'en France l'unité de pensée doit être réalisée, pour bâtir le monde nouveau que nous voulons et que nous auront forgé de notre sang et de la vie de beaucoup de nos camarades s'il y a encore des hésitants notre devoir à notre retour sera de travailler à leur faire comprendre où est la justice. Je crois que l'avenir qui s'ouvre devant nous est des plus beau. Et comme a dit si justement notre ami Gabriel Perri (?) avant d'être fusillé « nous préparons des lendemains qui chantent ». »

Gérard Pichot

Libéré par les troupes américaines au cours de l'évacuation depuis le camp de Dora, Gérard Pichot est pris en charge et placé dans le centre d'Eisenach en vue de son rapatriement en France. Il écrit à sa jeune épouse Jeanne, sa hâte de la retrouver et ses aspirations pour la vie à venir.

Lettre G.Pichot 1/2, Eisenach 2/05/1945 © Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophesLettre G.Pichot 2/2, Eisenach 2/05/1945 © Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes

Lettre de G.Pichot à son épouse. Eisenach, le 2 mai 1945
© Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes

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Le retour des déportés

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