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Attaque de Champeaux

Épisode des combats de la Libération, été 1944 en Deux Sèvres : l'attaque du Triangle 16 contre un convoi allemand sur la route de Niort à Parthenay.

Fiche technique

Date : 29 août 1944

Organisation : Triangle 16

Action : Attaque armée d'un convoi allemand

Participants : Capitaine Antonin (Chef), une trentaine de membres du Triangle 16 (groupe Jean-Claude).

Une préparation minutieuse...

À fin août 1944, le Triangle 16 dont tous les membres sont enfin armés depuis le 19 août 1944, doit quitter son cantonnement de Cathelogne dont la sécurité a été compromise par les allées et venues consécutives au décès en mission de Drevin et Veillon et à leur inhumation provisoire sur place. Un nouveau camp est établi à Bouchèble, en lisière des Bois d'Arpentérault, dans les fermes de messieurs Lambert et Auderand. À peine l'installation achevée, André Dupuis (Jean-Claude) est averti que des troupes allemandes s'apprêtent à faire mouvement de Niort à Parthenay. Il décide de leur tendre une embuscade.

Le 25 août, Jean-Claude, le capitaine Antonin, conseiller militaire recruté par Jean-Claude, Georges Archambault et Gabel (deux adjudants-chefs appartenant aux gardes-voies et à ce titre munis de laissez-passer délivrés par les autorités d'occupation) partent à la recherche du lieu le plus propice à l'embuscade.

Malgré un incident (le groupe ayant été surpris par une patrouille allemande) la reconnaissance est menée à bien, le lieu retenu pour l'embuscade est les Fours à Chaux de Champeaux. L'étude des chemins de repli possible permet de découvrir un aqueduc passant sous la voie ferrée dans cette partie. Cette découverte s'avérera très importante.

...pour une opération efficace

L'approche

Dans la nuit du 25 au 26 août, une trentaine d'hommes du Triangle 16 désignés pour cette action partent pour les Fours à Chaux sous le commandement du capitaine Antonin, assisté des adjudants-chefs Archambault et Gabel ainsi que de Marcel Dupuis.

Le déplacement s'effectue à pied, silencieusement. Les hommes emportent avec eux quelques vivres, le retour au cantonnement ne devant se faire qu'une fois la mission accomplie.

Au petit jour, tous les éléments sont en place : les emplacements pour les mitraillettes creusés, les travaux de camouflage terminés, deux fusils mitrailleurs jumelés tiennent en visée les 300 m de route allant de la rivière l'Egray jusqu'au carrefour au sommet de la côte.

Les deux groupes de protection couvrent le groupe d'action, l'un sur son flanc gauche, l'autre sur ses arrières. Tous les hommes ont reconnu les chemins de repli conduisant à l'aqueduc sous la voie ferrée. Des voitures sont en position à la lisière ouest des bois d'Arpentérault avec mission de s'approcher du lieu du combat dès qu'ils entendront des coups de feu, afin d'être prêts à secourir et évacuer rapidement, le cas échéant, les blessés toujours possibles dans ce genre d'opération.

L'attaque

Peu après 7 h, l'arrivée d'un convoi allemand de plusieurs centaines d'hommes est signalée. En tête se présentent 7 camions à plate forme, débâchés et chargés de soldat armés, prêts à sauter à terre à la moindre alerte. Derrière, suivent à 500 m environ les ambulances et voitures particulières suivies elles-mêmes à une centaine de mètres du reste de l'escorte réparti sur deux camions. Au total, 14 véhicules qui se dirigent vers le nord.

Les maquisards attendent pour ouvrir le feu que les camions de tête se trouvent dans leur champ de tir. Les fusils mitrailleurs s'attaquent successivement à tous les camions, en déplaçant leur tir de la tête de l'escorte à la queue et inversement. Le camion de tête touché dès les premières rafales se met en travers de la route, bloquant ainsi tout le convoi. Le dernier camion possède une mitrailleuse que les servants (soldats en charge du maniement de la mitrailleuse) mettent en action mais ils ne peuvent tirer qu'une courte rafale puisqu'ils sont immédiatement neutralisés par le tir du fusil-mitrailleur des maquisards.

Les soldats allemands s'écroulent dans les camions ou tombent sur la route... La mise hors combat de cette escorte n'a pris que 3 minutes.

Dès les premiers coups de feu, les occupants des voitures particulières sautent à terre et commencent à tirer. Mais pris sous le feu du premier groupe de protection des Forces françaises de I'Intérieur, ils doivent s'abriter rapidement dans les fossés et derrière les murs. Pendant ce temps, le deuxième groupe de protection a ouvert le tir sur le reste de l'escorte. Le capitaine Antonin, ignorant l'importance de cet élément et conscient du danger qu'il représente, donne immédiatement l'ordre du repli.

Le repli

En un temps record, les groupes rejoignent l'aqueduc passant sous la voie ferrée sans encombre, franchissent un souterrain, gagnent le fond de la vallée où ils se trouvent en sécurité. Les Allemands ayant repéré le mouvement de repli des maquisards mais ignorant l'existence de l'aqueduc, déclenchent avec toutes leurs armes, un tir de barrage inutile et inefficace sur le sommet de la voie ferrée.

Le retour des maquisards s'opère alors sans incident jusqu'à Bouchèble. Au camp, tous les éléments sont maintenus en alerte pendant 48 h afin de ne pas se laisser surprendre par une réaction a posteriori des troupes d'occupation. Mais rien de cela et deux jours plus tard, le groupe peut mener une autre opération à Augé pour la libération.

En savoir plus

Pictogramme

Carte des lieux de mémoire

Sources d'information

- Chaumet M., Pouplain J-M., La Résistance en Deux-Sèvres 1940-1944, Geste éditions, La Crèche, 2010

- Archives du Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes

- Témoignage de Monsieur André Dupuis (Jean-Claude), Chef du Triangle 16


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