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Chizon, lieu d'éxécution (1942-1944)

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La répression s’abat brutalement sur les ennemis désignés de l’occupant et de l’État français. Jusqu’à la libération de la France, plus de 3 600 condamnés à mort par un tribunal militaire allemand et 800 otages sont fusillés par un peloton d’exécution. À l’été 1944, le recours aux exécutions sommaires s’intensifie.

Un stand de tir

Dans cette petite vallée sèche et légèrement boisée, située alors sur la commune de Sainte-Pezenne en retrait de la départementale 743, les autorités d’occupation allemandes implantent en 1942 un stand de tir. L’espace est spécialement aménagé en vue d’exécutions : création d’une butte d’une hauteur de 4 mètres et d’une longueur de 10 mètres en contrebas de laquelle sont fixés les poteaux d’exécutions. La distance de tir entre le stand et la butte est de 25 mètres.

1942-1943, Durcissement de la répression judiciaire

La rupture du pacte germano-soviétique le 22 juin 1941 modifie le visage de la résistance. À partir de l’été 1941, la résistance communiste privilégie comme mode opératoire la lutte armée et la guérilla urbaine contre les intérêts allemands. En réaction, à l’automne 1941, les autorités d’occupation instaurent un climat de terreur pour briser toute forme de résistance et limiter le soutien de la population. Désormais, face au délit de « détention illégale d’armes », les tribunaux militaires allemands sont impitoyables et les condamnations à mort sont exécutées. Sans relâche, toutes les activités dissidentes sont traquées par les services répressifs allemands et français. D’une efficacité redoutable, ils portent sur le territoire des coups fatals à la résistance. Les techniques d’investigations de la 22e brigade de la SAP et du SIPO-SD et le recours à la torture pendant les interrogatoires pour extorquer des renseignements finissent bien souvent par déjouer toutes les précautions prises par les résistants.

Léon Jean réside au Vanneau dans le Marais poitevin. Son groupe multiplie les sabotages et les distributions de tracts clandestins dans les régions de Poitiers et de Niort. La perquisition opérée à son domicile met à jour des tracts communistes, des armes et des munitions. Immédiatement arrêté, incarcéré à la prison de Niort, il est condamné à mort le 15 mars 1943 et fusillé le 20 mars 1943 en ce lieu.

Iconographie :

Exhumation de trois corps le 21 septembre 1944 © Archives Jean-Marie Pouplain

1944, la répression extra-judiciaire

À partir du printemps 1944 et les combats de la libération, la répression allemande redouble d’intensité en dehors, bien souvent, d’un cadre judiciaire. Face à la multiplication des actions de sabotage et de harcèlement contre les intérêts allemands, les autorités allemandes multiplient les exécutions sommaires. À la mi-août 1944, les combats sont vifs en Mellois et les enjeux stratégiques importants : récupération de stocks de carburant à la distillerie. Le 13 août, à Melle, des Allemands sont capturés par la résistance. Deux jours plus tard, 3 résistants de l’Armée secrète (résistance non-communiste), Raymond Kopp, Charles Lainé et René Goguelat, sont interceptés à Melle par une patrouille allemande. Tous les trois ainsi que Camille Gratien arrêté à Chef-Boutonne sont exécutés le 19 août à Chizon et enterrés sur place.

Iconographie :

Honneurs militaires aux dépouilles de René Goguelat, Raymond Kopp et Charles Lainé le 21 septembre 1944 © Archives Jean-Marie Pouplain

Martyrologe

- Gendrot Henri, 42 ans, mécanicien et brocanteur est condamné à mort pour détention d’armes puis fusillé le 28 septembre 1942.

- Girault Louis, 63 ans, propriétaire cultivateur est condamné à mort pour détention d’armes puis fusillé le 12 décembre 1942. Homologué résistant FTP.

- Jean Léon, 54 ans, journalier et pêcheur, militant communiste est condamné à mort pour « intelligence avec l’ennemi » et détention d’armes puis fusillé le 20 mars 1943. Résistant FTP.

- Schutee-Schwarze Julien, soldat autrichien de la Wehrmacht, est condamné à mort pour désertion puis fusillé le 7 avril 1943.

- Brun Lucien, 35 ans, ouvrier, militant communiste, est condamné à mort pour intelligence avec l’ennemi puis fusillé le 16 avril 1943. Résistant du Front national pour la liberté et l’indépendance de la France. 

- Goguelat René, 32 ans, employé de banque, est sommairement exécuté le 19 août 1944. Résistant de l’Armée secrète.

- Gratien Camille, 39 ans, mécanicien, est sommairement exécuté le 19 août 1944. Résistant FTP.

- Lainé Charles, 40 ans, commis principal des services financiers de l’AOF, est sommairement exécuté le 19 août 1944. Résistant de l’Armée secrète.

- Kopp Raymond alias Aubry, Parouty, 30 ans, militaire de carrière, est sommairement exécuté le 19 août 1944. Résistant de l’Armée secrète.

En savoir plus

Pictogramme

Carte des lieux de mémoire

Sources d'informations

- Archives du Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes

- Chaumet M., Pouplain J-M., La Résistance en Deux-Sèvres 1940-1944, Geste éditions, La Crèche, 2010

- Le Maitron, Dictionnaire biographique des fusillés, guillotinés, exécutés, massacrés, 1940-1944

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